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Le transport solide

Les principes de base du transport solide

Le transport des sédiments ou graviers est appelé transport solide ou transit sédimentaire. Il désigne le phénomène de transport par un cours d’eau d’éléments solides plus ou moins grossiers. On peut comparer le fonctionnement du transport solide à un tapis roulant qui va prendre en charge les matériaux et les emmener, par à-coup en fonction des crues et de la morphologie du lit, jusqu'à l’aval de la rivière. Le transport solide est un phénomène complexe, dépendant d’une multitude de facteurs géologiques, géomorphologiques, météorologiques, hydrologiques…, mais également humains.

Pour qu’il y ait transport de matériaux dans le lit de la rivière, il faut d’abord qu’il y ait production de matériaux. Cette production de matériaux solides est essentiellement liée au phénomène d’érosion de certaines zones, que l’on va appeler zones de production.

Ces zones sont soit les versants des montagnes qui vont s’éroder sous l’effet du vent, de la pluie, du ruissellement, de la gravité, etc., soit les rivières qui vont directement éroder leurs berges et leur fond. A un moment ou à un autre, tous ces matériaux se retrouvent dans le lit d’un cours d’eau et vont être transportés par ce cours d’eau. Le transport solide peut commencer…

Au gré des hautes eaux et des crues, les matériaux issus de l’érosion, sédiments, graviers, galets, etc., vont être mis en mouvement par la rivière, soit par charriage*, soit par suspension**. Ce phénomène est étroitement lié à la force des crues (plus une crue est importante et plus elle aura de capacité à transporter les sédiments) et au faciès du lit du cours d’eau. En effet, plus la pente sera importante et le lit étroit, plus la capacité de charriage du cours d’eau sera forte et plus la rivière aura tendance à dissiper sa capacité de charriage en érodant son fond et ses berges. A l’inverse, plus la pente sera faible et le lit large, plus la rivière perdra sa capacité de charriage et aura tendance à déposer les matériaux qu’elle transporte, créant soit des zones d’atterrissements soit un exhaussement plus global du lit.

Les sédiments sont ainsi charriés, plus ou moins lentement, jusqu'à l’exutoire du cours d’eau, participant du même coup à modeler le faciès du lit.

Ce phénomène naturel peut être, et est souvent, largement modifié par l’action de l’homme sur la rivière. Par exemple, les extractions de matériaux réalisés dans le lit mineur des cours d’eau, en puisant les matériaux faisant partie du bilan sédimentaire, accentuent le déficit en un point et accroissent le phénomène d’incision en amont de ce point. A l’inverse, la construction de seuils ou de barrages retient les matériaux, stoppe le transport solide en un point. Ces ouvrages créent souvent une accumulation de matériaux à l’amont, et un déficit à l’aval, entrainant une incision du cours d’eau.

Gervanne au début du XXe siecleLa gervanne au début du XXe siècle
(*) Transport des sédiments les plus gros sur le fond du lit par roulement
(**) Transport des sédiments plus fins dans la masse des flots